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1901 Le roi Edouard VII
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1908 Claude Monet
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1921 Trotsky
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1923 Georges Clemenceau
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1923 Chou En-lai
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1944 Charle de Gaulle Winston Churchill
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1962 le Général Bradley
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1944 le Général Patton
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1943 le Maréchal Montgomery
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Ernest Hemingway à la table de la mère Poulard durant le débarquement de 1944
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1956 Bernard Buffet
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1979 Paul Bocuse
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1988 François Mitterrant Margaret Thatcher
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Si la Mère Poulard ne quitta jamais ses fourneaux et son
Mont Saint Michel, elle n’en était pas moins curieuse du
monde et elle voyagea à sa façon en accueillant ses hôtes
venus de tous les horizons.
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Elle aimait en garder le souvenir à travers les dédicaces
de son livre d’or, les photos amicalement annotées ou les
dessins prestement exécutés au coin de la table. L’auberge de la Mère Poulard a maintenu cette tradition
jusqu’à nos jours et c’est un petit morceau d’histoire qui
est ainsi révélé.
Ainsi peut-on découvrir que le roi Edouard VII et la famille
royale d’Angleterre, hôtes assidus de la Mère Poulard
au début du XXème siècle, contribuèrent beaucoup à sa
renommée.
Le président des Etats-Unis Theodore Roosevelt et le
président du Conseil français Georges Clemenceau - héros
de la Première Guerre mondiale, grand ami de la Mère
Poulard et grand amateur de sa cuisine - contribuèrent
eux aussi à cette renommée naissante. Ils auraient certainement été étonnés qu’en 1923 le jeune
Chou En-lai y prenne pension avant de retourner en Chine
où, vingt-cinq ans après, il participa avec son compagnon
de route Mao Tsé-toung à la révolution chinoise.
A quelques années près, le futur Premier ministre chinois
aurait pu rencontrer un autre révolutionnaire, déchu
celui-là, Trotski, qui débutait ainsi son exil de la meilleure
manière qui soit et qui pouvait, quant à lui, croiser
les membres des grandes familles de la finance et de l’industrie, les Rothschild et les Rockefeller, fidèles de la
Mère Poulard tout au long du XXème siècle.
Parmi les têtes couronnées qui fréquentaient son
auberge, la Mère Poulard avait un faible pour le prince et
la princesse Takamatsu, de la famille impériale du Japon,
ainsi que pour les nombreux princes et princesses russes
en exil qui fréquentaient assidûment sa maison, où ils
noyaient leur mélancolie au cours de veillées joyeuses qui
finissaient au petit matin.
Ne doutons pas que la Mère Poulard aurait apprécié qu’à
l’occasion du centenaire de la création de son auberge,
on y célèbre l’entente cordiale entre le Premier ministre
anglais Margaret Thatcher et le président français François
Mitterrand, venus discuter des problèmes du monde
autour d’une bonne table.
De la même manière aurait-elle été fière d’apprendre que
son auberge avait servi de quartier général à l’occasion
du débarquement de 1944 et que dans ces moments
difficiles comme dans les années de commémoration
qui suivirent, le général Patton, le général Bradley et le
maréchal Montgomery avaient apprécié sa table tout
comme Winston Churchill, grand homme d’Etat et grand
épicurien.
Ernest Hemingway quant à lui s’arrima fortement à la
table de la Mère Poulard pendant plusieurs jours pour
décrire les faits d’armes du débarquement. En connaisseur, il remarqua certainement le commentaire
fait quelques années plus tôt par le chanteur français Maurice Chevalier décrivant ainsi son séjour : « Endroit
splendide - Bonne croûte - Bon service - Patrons charmants
- Je reviendrai ! »
Car bien sûr le Mont Saint Michel et la Mère Poulard
appartiennent aux artistes comme le peintre Foujita
qui dessina un petit chat, Bernard Buffet une poêle et,
plus surprenant, l’acteur américain Charlton Heston
qui croqua avec talent et une rapidité extraordinaire le
Mont Saint Michel.
La liste des artistes amoureux de la Mère Poulard est
longue et on en citera quelques-uns à la manière d’un
poème à la Prévert, par ailleurs grand amateur de la
table de la Mère Poulard : Claude Monet, Jean Cocteau,
Marcel Pagnol, André Malraux, Françoise Sagan, Jean
Gabin, Rita Hayworth, Jean-Paul Belmondo, Woody
Allen, Glenn Glose, Juliette Binoche, Arthur Rubinstein,
Jean-Michel Jarre, Charles Aznavour, Christian Dior,
Yves Saint Laurent… On n’oubliera pas enfin les hommes d’exception comme
les aimait la Mère Poulard tels Charles Lindbergh après
sa traversée de l’Atlantique ou Alan Shephard qui alla
chercher les étoiles avant de revenir s’attabler chez la
Mère Poulard.
Et nous laisserons bien sûr la conclusion au pape de la
cuisine française, Paul Bocuse, pour qui « la Mère Poulard, c’est la France ».
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